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Accueil du site || A lire || De tout, un peu... || La vallée afghane de Bamiyan veut croire au tourisme.

Seuls les touristes les plus intrépides se rendent sur le site archéologique de Bamiyan, abritant les vestiges des statues géantes de Bouddha dynamitées en mars 2001 par les taliban à l’époque au pouvoir en Afghanistan.

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Par Emma Graham-Harrison


Depuis des années, la simple vision d’un visiteur étranger est devenue exotique dans cette vallée paisible du centre du pays, à une demi-heure d’avion de Kaboul, inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’Unesco.

Les habitants conservent néanmoins l’espoir de relancer le tourisme, qu’ils considèrent comme leur meilleure chance de s’extraire de la pauvreté. La dureté du climat et la pauvreté de la terre font en effet de Bamiyan un cauchemar pour les paysans.

Vestiges historiques dont les fameux Bouddhas réduits en poussière, forteresses du XIIe siècle, lacs en cascade à 3.000 m d’altitude devenus ce mois-ci le premier parc national de l’Afghanistan : la vallée de Bamiyan est un témoin de l’ancienne Bactriane.

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Buddha de Bamiyan

Dans n’importe quel autre pays au monde, la diversité archéologique et les paysages spectaculaires de la vallée assureraient sa richesse. Mais les attentats suicides, les enlèvements et la présence accrue des taliban qui rythment l’actualité afghane ont dissuadé nombre de voyageurs d’entreprendre ce périple périlleux.

La falaise qui borde la vallée est creusée, à l’est et à l’ouest, des deux immenses cavités où s’élevaient les Bouddhas sculptés détruits à l’explosif par les taliban.

La ville de Bamiyan porte, elle aussi, les traces des combats de la fin des années 1990 entre les taliban et les factions de l’ex-résistance contre l’occupation soviétique. De nombreux bâtiments sont toujours en ruine.

FAIRE VENIR LES HABITANTS DE KABOUL

Pour l’heure, la ville ne dispose que de deux hôtels décents, dont l’un est dirigé par un journaliste japonais arrivé pour la première fois en Afghanistan dans les années 1990.

Une piste en mauvais état relie Bamiyan à Kaboul. Moins de 200 km, mais neuf heures de trajet. Quant à l’aérodrome de Bamiyan, il ne permet pas de vols commerciaux.

"Nous disposons de sites historiques uniques susceptibles d’attirer de nombreux touristes à Bamiyan, mais nous manquons de services et d’information", estime Amir Foladi, qui dirige le Programme d’écotourisme de Bamiyan, nouvellement créé.

Plusieurs ONG étrangères sont associées au projet de revitalisation du tourisme. La Nouvelle-Zélande a offert 1,2 million de dollars pour financer le programme lancé par Foladi qui vise à aider à la création d’auberges, à la formation de guides touristiques et à l’organisation de manifestations susceptibles d’attirer des visiteurs.

Des travaux sont parallèlement en cours pour améliorer l’état de la piste qui mène à Kaboul. Les touristes afghans sont la première priorité. Pour ce qui est des visiteurs étrangers, tout dépendra de l’évolution de la sécurité.

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Bamiyan

Amir Foladi rappelle que 60.000 touristes venaient chaque année dans la région avant la guerre. Ils étaient encore 30.000 en 2005, essentiellement des Afghans, avant que la situation ne se dégrade de nouveau sous l’effet du renforcement de l’insurrection.

Aujourd’hui encore, il est possible de croiser quelques touristes audacieux, comme Toby Waterson, un enseignant britannique venu rejoindre un ami travaillant pour les Nations unies et qui s’est mis à voyager dans le nord relativement sûr du pays.

"J’aime aller dans des endroits qui sont un peu différents", explique-t-il. Mais il reconnaît qu’avoir des connaissances sur place a rendu son projet possible. "Sans cela, il faudrait être idiot."

Voir en ligne Reuters via Yahoo.com